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Negafa mariage Marocain

L’activité principale des neggafates s’exerçait à l’occasion des mariages marocain. Elles peuvent jouer aussi un rôle dans quelques autres cérémonies familiales (Henna, Khotoba, …). Au début du siècle, l’activité de la Negafa s’exerçait de trois façons différentes dans les mariages traditionnel. Elles étaient souvent consultées pour le choix des conjoints, connaissant bon nombre de familles, elles pouvaient fournir d’utiles renseignements : Traiteur, Photographe, Robes de Mariage, Caftans.negafa marocaineEn second lieu, elles louaient les vêtements et les bijoux indispensables à la mariée. En troisième lieu, les neggafates organisaient les cérémonies du mariage, en ne se bornant pas seulement à décharger les familles du soin d’apprêter la mariée et de meubler la chambre nuptiale, mais veillant à ce que tous les rites fussent scrupuleusement respectés, selon le rang social des époux. Pour Hajja Rbatia, « amine » des neggafates à Casablanca, “les temps ont bien changé et les neggafates doivent se conformer à ce souci de simplification en cours actuellement. Les sept nuits, dit-elle, ne sont plus que trois nuits dans certaines familles. La cérémonie est parfois réduite à une seule nuit. Les neggafates, tout en veillant au bon déroulement du cérémonial, doivent également se conformer à la volonté des époux et de leurs familles”.

Une connaissance parfaite des traditions nuptiales

Autres temps, autres mœurs. Autrefois, les neggafates étaient redoutées et respectées. Les renseignements qu’elles donnaient en vue d’une union n’étaient pas directement rétribués; ils valaient à celle qui les avait donnés un bon repas, des cadeaux et de la considération.

« Avant, dit Hajja Rbatia, il convenait de prendre les plus grandes précautions, de respecter scrupuleusement les rites qui, depuis des générations, sont réputés comme pouvant rendre plus aisé le double changement d’état imposé à la femme. Mais tous les rites qui précèdent ce moment critique, tous ceux qui le suivent sont aussi d’un très grand prix, car ils contribuent, eux aussi, à assurer non seulement le bonheur de deux individus, mais surtout la solidité du nouveau rameau sorti de l’arbre de vie et permettent en outre de donner au mariage toute la publicité requise par le droit musulman. D’où l’attention extrême, le soin minutieux apportés dans l’accomplissement des cérémonies traditionnelles; d’où la nécessité, peu à peu reconnue, d’une confrérie de gardiennes des traditions, les marieuses ».

Les marieuses intervenaient à toutes les étapes du mariage

Les neggafates n’étaient pas de simples louyeuses de costumes et d’ornements. Elles étaient les gardiennes d’une tradition essentielle, une sorte de « prêtresses des rites de l’union ». Au début du siècle, le plus clair des gains réalisés par les marieuses venait des collectes faites pendant les cérémonies nuptiales. Il y en avait deux pendant la nuit de kwaleb kbar, une au moment de la cérémonie de l’engagement, l’autre au moment de la remise des cadeaux; de plus, les quatre marieuses qui portaient la mariée en triomphe (doura) recevaient de l’argent. Au cours de “la nuit de l’arrivée”, autre collecte à l’occasion des souhaits de bienvenue à la mariée (ghrama d’el-hlib ou slama el-bousa). La cérémonie du “pantalon” valait de nouveaux dons aux marieuses : don du mari, dons des femmes à qui était annoncée l’heureuse nouvelle.

 

La présentation des cadeaux offerts par le mari à sa femme rapportait encore quelque argent, de même que l’arrangement de la chevelure, au nahar hall er-ras. Enfin, quand, les sept jours passés, les marieuses terminaient leur office, le mari leur remettait une dernière offrande dite ghrama d’sba’ayyam (la rétribution des sept jours). Outre ces collectes obligatoires, la neggafa recevait presque toujours avant le mariage, des cadeaux en nature : mouchoirs brodés, sucre, miel, cierges, henné; bien souvent, au cours des cérémonies, les employées obtenaient d’autres cadeaux de la famille du marié; enfin il était de tradition que les familles Makhzen offrissent des vêtements à la neggafa en chef et des mouchoirs (harkat) aux employées.

 

Aujourd’hui, les neggafates reçoivent des honoraires fixes. Mais cela n’empêche pas les autres cadeaux en nature. Les neggafates sont toujours indispensables pour le bon déroulement des cérémonies de mariage. On ne peut se passer d’elles car elles connaissaient, mieux que personne, les traditions nuptiales, les faisaient respecter et évitaient aux familles bien des soucis matériels.

Source : www.la-cuisine-marocaine.com

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